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H&F Schools compete in a competition to re-design their school with the help of their teachers and architectural experts. Teacher Lee Duffy (Sir John Lillie School) with l-r Albert Davis 9.
H&F Schools compete in a competition to re-design their school with the help of their teachers and architectural experts. Teacher Lee Duffy (Sir John Lillie School) with l-r Albert Davis 9.

L’effet Pygmalion ou la prophétie auto-réalisatrice

H&F Schools compete in a competition to re-design their school with the help of their teachers and architectural experts. Teacher Lee Duffy (Sir John Lillie School) with l-r Albert Davis 9.

Les enfants des milieux défavorisés réussissent moins bien que les autres à l’école : c’est à la fois un lieu commun et une triste réalité. Les raisons en sont multiples, et abondamment discutées depuis longtemps; mais dans les années 60, un psychologue américain a proposé une nouvelle hypothèse déconcertante.

Si certains enfants défavorisés finissent en échec scolaire, c’est peut-être à cause des préjugés – mêmes inconscients – de leurs enseignants. En considérant par avance que ces enfants seront en difficulté, ils contribueraient à provoquer ces difficultés. Une sorte de prophétie auto-réalisatrice, mais qu’il est possible de retourner au profit de l’enfant.

L’expérience d’Oak School

Pour tester son idée de manière positive, le psychologue Robert Rosenthal s’est demandé si on pouvait aider un élève à progresser en éliminant chez son professeur les préjugés liés à son origine. Il a eu alors l’idée suivante : faisons croire aux enseignants que certains de leurs élèves sont surdoués, et voyons si cela change quelque chose à leur progression !

L’expérience a eu lieu sur toute une année à l’école primaire d’Oak School dans la région de San Francisco, une école avec de nombreux élèves en situation d’échec. Au début de l’année scolaire, les chercheurs ont fait passer des tests d’intelligence à tous les enfants. Mais ils ont gardé les résultats pour eux, et ils ont fait croire aux instituteurs qu’il s’agissait d’un tout nouveau test mis au point à Harvard, et destiné à détecter les élèves susceptibles de progresser de manière spectaculaire pendant l’année à venir.

Ils ont alors sélectionné au hasard 5 élèves par classe, et ils ont fait croire aux enseignants que ces élèves avaient particulièrement bien réussi le test, et qu’il ne serait pas surprenant qu’ils fassent des progrès inattendus pendant l’année.

A la fin de l’année scolaire, ils ont refait passer un test d’intelligence à tout le monde, et ils ont comparé la progression des élèves normaux, et de ceux qui avaient été aléatoirement désignés comme « prometteurs ».

Les résultats de l’expérience

Comme vous pouvez le constater, les élèves désignés comme « prometteurs » ont en moyenne beaucoup plus progressé pendant l’année que les autres. Le résultat est particulièrement concentré dans les petites classes (équivalentes au CP et au CE1). En plus d’avoir mieux réussi au test, ces élèves « élus » ont été jugés par leurs professeurs comme plus performants et plus agréables que les autres. Mais rappelez-vous, ces élèves avaient en réalité été choisis au hasard !

L’explication donnée par Rosenthal pour expliquer ces résultats (et confirmer son hypothèse), c’est celle de la prophétie auto-réalisatrice. Si un enseignant pense qu’un enfant est particulièrement doué, son attitude envers lui changera. L’enfant se sentira plus en confiance, plus motivé, travaillera plus et au final progressera mieux.

Pour Rosenthal, cette différence se joue généralement simplement au niveau de l’inconscient des professeurs. Sans remettre en cause le professionnalisme ou l’équité des enseignants, des différences peuvent se créer simplement au niveau du langage du corps : la posture ou le ton de voix du professeur suffisent à renvoyer à un enfant une image différente de lui-même.

Rosenthal a baptisé cet effet Pygmalion, en référence à l’oeuvre de G.B. Shaw. Dans cette pièce, un professeur de phonétique apprend à une fille du peuple à parler et se comporter comme une aristocrate, dans le but de la faire passer pour une duchesse (Shaw s’étant lui-même inspiré du mythe grec du même nom).

Décrypter les causes

Pour préciser les résultats de l’expérience initiale de Rosenthal, plusieurs variantes ont été étudiées. Dans une réplique de l’étude réalisée quelques années plus tard, des chercheurs ont montré que la différence ne se jouait pas dans le temps passé avec chaque enfant, mais dans la qualité de l’interaction entre l’enseignant et les enfants désignés comme « élus ». Si un enfant est considéré comme particulièrement doué, les professeurs lui sourient plus, ont plus de contact visuel avec lui, se penchent plus en avant et hochent plus la tête [2].

Un aspect intriguant de l’expérience initiale, c’est que l’effet est plus marqué dans les petites classes (équivalentes au CP/CE1). On peut penser que c’est parce que les enfants à cet âge sont plus malléables ou plus réceptifs. C’est peut-être aussi parce que les élèves des petites classes ont une réputation moins établie dans l’école, et que leurs professeurs ont plus facilement accepté qu’ils pouvaient être particulièrement doués.

Que c’est il passé ? Les réflexions encourageantes des professeurs, de l’entourage leur on insufflé une nouvelle confiance en eux, une nouvelle image de soi à laquelle leur comportement et résultats se sont conformés. L’importance d’un echec ne provient pas de l’expérience elle même. Mais de l’effet qu’elle a sur nous. Ce que l’on croit être.

Croyez en vos enfants.

H.J

 

 

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7 Commentaires

  1. Bonjour,

    je suis convaincue que c’est exactement ça le souci au niveau de l’échec de certains enfants.
    Cela vient de l’état d’esprit auquel ils sont en contact et notamment celui de leurs enseignants.

    Merci pour cette article.

    Bises de Casablanca. Murielle

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